La maladie du sommeil - Un traitement alternatif
Un traitement alternatif existe
: c'est l'eflornithine (DFMO), un médicament plus sûr et plus
efficace que le mélarsoprol. Certains l'ont même appelé "le
médicament miracle" car il a sorti des malades du coma de manière
spectaculaire. Développé à l'origine pour le traitement du
cancer, l'eflornithine s'est révélé, par hasard, efficace dans
le traitement de la maladie du sommeil. Il a été autorisé pour
cet usage en 1990, à la suite d'une recherche menée conjointement
par l'OMS et l'industrie pharmaceutique. Faute de rentabilité,
son fabricant en a interrompu la production en 1995, cinq ans
seulement après son lancement sur le marché.
En 1998, après l'annonce, par le fabriquant, que les derniers stocks d'eflornithine étaient épuisés, MSF a appelé à une reprise de la fabrication. Entre temps, Aventis (le fabricant actuel) retrouvait une petite réserve oubliée d'eflornithine. Le géant pharmaceutique en fit don à l'OMS. Les équipes de MSF la reçurent sur le terrain et en rationnèrent l'utilisation dans les programmes. Petit à petit, la réserve s'amenuisait pour disparaître complètement pendant l'été 1999 : les équipes se retrouvèrent sans médicament pour traiter les patients résistants au mélarsoprol. Sous la pression de l'OMS et de MSF, la société pharmaceutique finit par dénicher un nouveau stock de 230 kilos de matière première et accepta de les transformer. 10 000 flacons de DFMO furent produits en 1999.
Aventis, son fabricant, avait décidé d'en interrompre la production, invoquant sa non-rentabilité. Le seul débouché pour le produit était en effet le demi-million de personnes, pauvres dans leur grande majorité, qui, en Afrique sub-Saharienne, contractaient chaque année la maladie.
C'est par un heureux coup du sort que la production d'éflornithine a repris, lorsqu'on a découvert une nouvelle utilisation de la substance - qui supprime les enzymes favorisant la pousse de duvet sur le visage. Lorsqu'un sympathisant attentif de MSF a constaté que Vaniqa, la crème dépilatoire contenant de l'éflornithine, se vendait aux Etats-Unis, le battage médiatique qui s'en est suivi a poussé les laboratoires Bristol Myers Squibb et Aventis, chargés du produit, a redémarrer la production d'éflornithine en tant que médicament.
Les laboratoires pharmaceutiques ont l'intention de faire chaque année un don gracieux de 60 000 doses d'éflornithine à MSF, et ce pendant les trois années à venir. Aventis a remis à l'Organisation Mondiale de la Santé les droits de propriété industrielle du médicament et proposé de transférer la technologie et l'assistance technique à une entreprise qui fabriquerait le médicament de manière pérenne, si l'on en trouve une.
En attendant, les malades bénéficient de l'éflornithine. Et s'il ne s'agit en aucun cas d'une cure miracle, ses effets modificateurs ont été accueillis avec un immense soulagement.
En 1998, après l'annonce, par le fabriquant, que les derniers stocks d'eflornithine étaient épuisés, MSF a appelé à une reprise de la fabrication. Entre temps, Aventis (le fabricant actuel) retrouvait une petite réserve oubliée d'eflornithine. Le géant pharmaceutique en fit don à l'OMS. Les équipes de MSF la reçurent sur le terrain et en rationnèrent l'utilisation dans les programmes. Petit à petit, la réserve s'amenuisait pour disparaître complètement pendant l'été 1999 : les équipes se retrouvèrent sans médicament pour traiter les patients résistants au mélarsoprol. Sous la pression de l'OMS et de MSF, la société pharmaceutique finit par dénicher un nouveau stock de 230 kilos de matière première et accepta de les transformer. 10 000 flacons de DFMO furent produits en 1999.
Aventis, son fabricant, avait décidé d'en interrompre la production, invoquant sa non-rentabilité. Le seul débouché pour le produit était en effet le demi-million de personnes, pauvres dans leur grande majorité, qui, en Afrique sub-Saharienne, contractaient chaque année la maladie.
C'est par un heureux coup du sort que la production d'éflornithine a repris, lorsqu'on a découvert une nouvelle utilisation de la substance - qui supprime les enzymes favorisant la pousse de duvet sur le visage. Lorsqu'un sympathisant attentif de MSF a constaté que Vaniqa, la crème dépilatoire contenant de l'éflornithine, se vendait aux Etats-Unis, le battage médiatique qui s'en est suivi a poussé les laboratoires Bristol Myers Squibb et Aventis, chargés du produit, a redémarrer la production d'éflornithine en tant que médicament.
Les laboratoires pharmaceutiques ont l'intention de faire chaque année un don gracieux de 60 000 doses d'éflornithine à MSF, et ce pendant les trois années à venir. Aventis a remis à l'Organisation Mondiale de la Santé les droits de propriété industrielle du médicament et proposé de transférer la technologie et l'assistance technique à une entreprise qui fabriquerait le médicament de manière pérenne, si l'on en trouve une.
En attendant, les malades bénéficient de l'éflornithine. Et s'il ne s'agit en aucun cas d'une cure miracle, ses effets modificateurs ont été accueillis avec un immense soulagement.
Omugo, Ouganda, 1998. Bianga était malade depuis dix mois. Elle était devenue si faible qu'elle ne pouvait plus travailler dans son champ, aller chercher de l'eau ni s'occuper de Lino, son fils de six ans. Au début de sa maladie, elle dormait toute la journée et restait éveillée pendant la nuit. Elle eut ensuite un comportement bizarre. Elle sortait en courant dans la rue, criant vers le ciel. Son mari la quitta. Bianga alla vivre chez sa mère avec Lino, dans une petite hutte. Sans travail pour rapporter de l'argent et trop faible pour produire leur propre nourriture, les deux femmes n'avaient pas un sou. La nourriture manquait à un point tel que Lino souffrait de malnutrition.
Désespérée, la mère de Bianga emmena finalement sa fille à l'hôpital de MSF pour voir si les médecins pouvaient faire quelque chose. L'un d'eux diagnostiqua la maladie du sommeil à un stade avancé : le parasite avait déjà envahi le cerveau. Bianga fut directement admise au centre de traitement où elle reçut du mélarsoprol. Malgré la souffrance provoquée par le traitement, elle commença à se sentir mieux. Au bout de 20 jours, elle put rentrer chez elle et reprendre une vie normale.
Un mois plus tard, les troubles du comportement recommencèrent. Ce fut cette fois-ci Lino qui l'emmena à l'hôpital où l'équipe de MSF diagnostiqua une rechute. Le petit garçon, qui veillait au chevet de sa mère, devait lui attacher les chevilles pour l'empêcher de partir et de se perdre. Bianga reçut un nouveau traitement à base de mélarsoprol mais cela ne réussit pas à améliorer beaucoup son état de santé. Sans autre traitement disponible et avec peu d'espoir de guérison, elle fut renvoyée chez elle.
Un mois plus tard, un médecin de MSF la trouva couchée sur une natte de papyrus, sous un manguier près de l'hôpital. Les médecins n'avaient cette fois-ci plus aucun traitement à lui proposer. Comme pour beaucoup d'autres patients, le mélarsoprol était devenu inefficace pour soigner Bianga. Pour la sauver, un autre médicament était nécessaire : l'éflornithine. Mais celui-ci n'était plus fabriqué nulle part en 1998. Un membre du personnel soignant ramena Bianga chez elle sur sa bicyclette et expliqua à sa mère et à son fils qu'il n'y avait plus rien à faire pour la sauver. Bianga mourut quelques semaines plus tard.
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LA MALADIE DU SOMMEIL
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» Un traitement alternatif: l'éflornithine
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