Portraits - Témoignages d'infirmièr(e)
Messaouda, 29 ans. Infirmière
diplômée d'Etat.
En France, une infirmière agit en fonction des directives qui lui sont données. Il "suffit" de les suivre. Mais, en mission, c'est tout à fait différent, car il faut être autonome.
Je me suis d'abord inscrite en faculté de médecine à Clermont-Ferrand. A l'époque, j'avais déjà envie de partir pour MSF. J'ai fait deux fois la première année de médecine, puis j'ai suivi le cursus pour devenir infirmière. Dès que j'ai été diplômé, j'ai pris contact avec l'association. Mais l'on m'a expliqué que j'avais besoin d'avoir une expérience professionnelle de deux années avant de pouvoir partir sur le terrain. J'ai donc commencé à travailler, d'abord dans un lycée professionnel. Puis j'ai déménagé à Nîmes et j'ai travaillé au sein d'une clinique, dans le service de réanimation de chirurgie cardiaque, pendant trois ans et demi.
En France, une infirmière agit en fonction des directives qui lui sont données. Il "suffit" de les suivre. Mais, en mission, c'est tout à fait différent, car il faut être autonome.
Je me suis d'abord inscrite en faculté de médecine à Clermont-Ferrand. A l'époque, j'avais déjà envie de partir pour MSF. J'ai fait deux fois la première année de médecine, puis j'ai suivi le cursus pour devenir infirmière. Dès que j'ai été diplômé, j'ai pris contact avec l'association. Mais l'on m'a expliqué que j'avais besoin d'avoir une expérience professionnelle de deux années avant de pouvoir partir sur le terrain. J'ai donc commencé à travailler, d'abord dans un lycée professionnel. Puis j'ai déménagé à Nîmes et j'ai travaillé au sein d'une clinique, dans le service de réanimation de chirurgie cardiaque, pendant trois ans et demi.
» DÉPART EN TROIS SEMAINES
En janvier 2000, j'ai repris contact
avec MSF. J'ai adressé un courrier à l'association, ai participé à une
réunion d'information de l'antenne MSF de Montpellier et j'ai
rapidement eu un entretien et ma candidature a été acceptée.
Début août, on m'a proposé de participer à la mission MSF en
Angola. Je suis partie trois semaines plus tard.
J'avais lu beaucoup de choses sur MSF avant de contacter l'association. Ce qui m'intéressait c'était que les volontaires avaient une action médicale, mais aussi que l'association dénonçait un certain nombre de situations inacceptables, parlait des conditions de vie des populations. Il me semblait que MSF se manifestait plus que les autres ONG. Et j'avais envie d'en faire partie. Mais c'est vraiment le travail humanitaire qui me plaisait, c'est-à-dire d'aider les gens qui en ont besoin. Même si, en France, de nombreuses personnes ont aussi besoin d'aide, j'ai le sentiment que nous sommes plus utiles dans les pays où MSF travaille. J'avais également envie d'apprendre à travailler dans des contextes différents, connaître d'autres choses, rencontrer d'autres personnes.
J'avais lu beaucoup de choses sur MSF avant de contacter l'association. Ce qui m'intéressait c'était que les volontaires avaient une action médicale, mais aussi que l'association dénonçait un certain nombre de situations inacceptables, parlait des conditions de vie des populations. Il me semblait que MSF se manifestait plus que les autres ONG. Et j'avais envie d'en faire partie. Mais c'est vraiment le travail humanitaire qui me plaisait, c'est-à-dire d'aider les gens qui en ont besoin. Même si, en France, de nombreuses personnes ont aussi besoin d'aide, j'ai le sentiment que nous sommes plus utiles dans les pays où MSF travaille. J'avais également envie d'apprendre à travailler dans des contextes différents, connaître d'autres choses, rencontrer d'autres personnes.
» FORMER, ENCADRER, SOIGNER
En Angola, j'étais infirmière dans
le Centre Nutritionnel Thérapeutique MSF à Huambo, au centre
du pays. Dans cette structure, nous soignons les enfants sévèrement
malnourris, avec à la fois une prise en charge médicale - d'où le
terme " thérapeutique " - et nutritionnelle. L'équipe MSF était
composée de 4 personnes : un responsable du terrain - le responsable
du projet MSF à Huambo - un médecin, un logisticien et moi.
Mon travail consistait à gérer le centre, encadrer et former
le personnel local, soit environ 50 personnes. Enfin, j'avais
la responsabilité de la gestion matérielle du centre : la nourriture,
les repas, la logistique (les abris et les latrines pour le
centre).
Les premières semaines, après mon arrivée, malgré l'énorme charge de travail, je me sentais un peu désoeuvrée. En France, une infirmière agit en fonction des directives qui lui sont données. Il " suffit " de les suivre. Mais, en mission, c'est tout à fait différent, car il faut être autonome. De plus, je n'étais pas habituée au travail de supervision et d'encadrement. Au début, c'est même un peu frustrant, car on est un peu en retrait et pas tout le temps auprès des patients, puisque notre rôle est surtout de superviser le personnel local. Il m'a également fallu apprendre à gérer la relation de " patron " à employé.
Il y a de plus une différence extrême avec les moyens dont on peut disposer entre la mission et un hôpital en France. D'abord, le personnel local est mal formé et a ainsi de nombreuses lacunes. Pas forcément pour des actes complexes, mais pour des choses qui nous paraissent toutes simples. Comme par exemple, le fait de faire un pansement avec des règles minimum d'asepsie. Il m'a fallu leur apprendre le b.a. ba des règles d'hygiène et pourquoi cela est important. Cela a été long, mais je crois y être parvenue.
Les premières semaines, après mon arrivée, malgré l'énorme charge de travail, je me sentais un peu désoeuvrée. En France, une infirmière agit en fonction des directives qui lui sont données. Il " suffit " de les suivre. Mais, en mission, c'est tout à fait différent, car il faut être autonome. De plus, je n'étais pas habituée au travail de supervision et d'encadrement. Au début, c'est même un peu frustrant, car on est un peu en retrait et pas tout le temps auprès des patients, puisque notre rôle est surtout de superviser le personnel local. Il m'a également fallu apprendre à gérer la relation de " patron " à employé.
Il y a de plus une différence extrême avec les moyens dont on peut disposer entre la mission et un hôpital en France. D'abord, le personnel local est mal formé et a ainsi de nombreuses lacunes. Pas forcément pour des actes complexes, mais pour des choses qui nous paraissent toutes simples. Comme par exemple, le fait de faire un pansement avec des règles minimum d'asepsie. Il m'a fallu leur apprendre le b.a. ba des règles d'hygiène et pourquoi cela est important. Cela a été long, mais je crois y être parvenue.
» FAIRE BOUGER QUELQUES PETITES CHOSES
La première visite à l'hôpital de
Huambo a également été une épreuve. Le personnel n'est pas
motivé, il n'y a aucune règle d'hygiène, l'odeur est parfois
insoutenable, notamment à cause des canalisations bouchées
ou crevées et de l'état de profond délabrement de toute la
structure. Il n'y a aucun médicaments dans la pharmacie. On
en sait pas non plus dans quel endroit sont placés les malades
que nous avons référés. Les malades sont également rackettés.
Ainsi, il est arrivé que, lorsqu'on dépose un malade avec les
médicaments nécessaires à ses soins, le personnel de l'hôpital
exige de lui de l'argent pour en bénéficier. Exiger que les
malades soient correctement traités et soignés font partie
de notre travail. C'est une lutte au quotidien.
Mais, dans le Centre Nutritionnel Thérapeutique, de nombreux enfants ont été soignés grâce à notre prise en charge. On les voit souvent arriver dans un état de malnutrition extrême. Et, trois semaines après, les mêmes sont devant le centre, se remettent à jouer, rient. C'est à ce moment là que l'on se dit que notre travail est loin d'être inutile. On leur a sauvé la vie. Lorsque j'ai terminé ma mission, au bout de 7 mois, je sais que rien, fondamentalement, n'a changé. Il y a toujours la guerre en Angola. La vie des populations est toujours aussi difficile. Mais j'ai fait bouger quelques petites choses. Et ceux que j'ai soignés dans le centre, aujourd'hui, ils sont en vie.
Mais, dans le Centre Nutritionnel Thérapeutique, de nombreux enfants ont été soignés grâce à notre prise en charge. On les voit souvent arriver dans un état de malnutrition extrême. Et, trois semaines après, les mêmes sont devant le centre, se remettent à jouer, rient. C'est à ce moment là que l'on se dit que notre travail est loin d'être inutile. On leur a sauvé la vie. Lorsque j'ai terminé ma mission, au bout de 7 mois, je sais que rien, fondamentalement, n'a changé. Il y a toujours la guerre en Angola. La vie des populations est toujours aussi difficile. Mais j'ai fait bouger quelques petites choses. Et ceux que j'ai soignés dans le centre, aujourd'hui, ils sont en vie.
» L'ÉCHANGE NÉCESSAIRE AU SEIN DE L'ÉQUIPE
La vie en mission, c'est aussi vivre
en équipe. Nous sommes 24 heures sur 24 ensemble. Il faut être
d'un caractère sociable, c'est évident. Mais on peut aussi
se laisser le droit de ne pas être bien parfois. Mais, dans
les moments difficiles, à la fois à cause de la dureté du travail
ou simplement parce qu'on a le mal du pays, le fait que l'équipe
soit là est indispensable. On échange entre nous, on parle
des problèmes des malades, on peut décompresser, rire. Mais
ce qui m'a surtout le plus marqué, c'est de constater la misère
extrême des populations et, dans le même temps, leur capacité incroyable à vivre, à travailler,
espérer, croire en la vie. En cela, ils ont des leçons à nous
donner. Lorsque je suis revenue en France, je savais déjà que
je souhaitais repartir. Même si le retour est un peu difficile.
Il faut bien une semaine pour se réadapter à la vie en France,
les soucis des gens paraissent bien dérisoires par rapport à ce
que j'avais vécu en Angola.
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PORTRAITS - TÉMOIGNAGES D'INFIRMIER(E)S
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» Messaouda, 29 ans, infirmière.
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