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Leishmaniose - Une première étape

Certaines sociétés pharmaceutiques, indiennes notamment, produisent du SSG générique (le SSG est le traitement habituel du kala-azar). L'Inde, gravement touchée par le kala-azar, est aussi l'un des rares pays en voie de développement à disposer de la technologie nécessaire à la production de médicaments génériques. MSF y a identifié une forme générique de SSG de bonne qualité, qui ne coûte qu'un quatorzième du prix du Pentostam®. Ce médicament, bien qu'il soit utilisé en grandes quantités en Inde, n'est généralement pas disponible dans les pays africains : le SSG générique ne figure pas encore sur les listes nationales officielles de médicaments dans ces pays - étape indispensable avant l'autorisation de mise sur le marché. Tout comme leurs alter ego européens, les ministères africains de la Santé ont tendance à rejeter les médicaments génériques pour leur préférer des produits de marque.

Au Soudan, où le besoin d'un médicament moins coûteux et plus efficace est urgent pour les malades du kala-azar, les autorités sanitaires refusent l'utilisation du médicament générique, car elles ne sont pas convaincues de son efficacité. Pour prouver la qualité du SSG générique produit en Inde, MSF a envoyé à un laboratoire européen des échantillons du médicament. Elle a également réalisé une étude sur le terrain afin de comparer les effets respectifs du SSG générique et du produit de marque. Les résultats ont montré une efficacité identique. Malgré cela, le gouvernement soudanais refuse toujours de faire enregistrer le médicament et exige des analyses supplémentaires.

Malgré cette expérience décevante, MSF continue à chercher, en collaboration avec des gouvernements d'Afrique de l'Est, une solution qui permette l'accès du SSG à tous les patients. Au Kenya, où une épidémie de kala-azar s'est récemment déclarée, les experts de MSF ont échangé les résultats de leur étude sur le SSG avec le ministère de la Santé. Ce dernier a accepté de faire enregistrer provisoirement la forme générique.

Ainsi, l'accès des malades au traitement contre le kala-azar rencontre un triple obstacle : le manque d'accès aux soins en général, l'incapacité financière des patients à payer pour un traitement qui leur sauverait la vie et parfois le manque de volonté politique de leurs gouvernements.