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Leishmaniose - Un traitement inaccessible

Aujourd'hui, le traitement du kala-azar est identique à celui utilisé dans les années 40 : ces soixante dernières années, pratiquement aucun nouveau médicament n'a été introduit sur le marché. Le traitement le plus courant repose habituellement sur l'administration d'un dérivé d'antimoine (un métal toxique) connu sous le nom de SSG. Ce médicament, découvert vers 1930, provoque de graves effets secondaires chez 10% des patients, pouvant entraîner la mort dans un petit nombre de cas. Ce médicament perd par ailleurs peu à peu son efficacité. Alors qu'il est encore relativement efficace en Afrique, le SSG est inactif chez un nombre croissant de patients en Inde : dans les régions les plus touchées par les résistances au médicament, jusqu'à 70% des patients sont insensibles au traitement. Il est à craindre que cette résistance accrue, observée ces quinze dernières années en Inde, ne gagne l'Afrique.

Le SSG est commercialisé sous le nom de Pentostam® par la société pharmaceutique Glaxo Wellcome. Il est très coûteux : le prix d'un traitement approche les 150 $US. Dans de nombreuses régions d'Afrique touchées par la maladie, les ministères de la Santé font peu de cas de cette "maladie négligée" et les services de santé n'offrent pas de traitement, notamment au Soudan et en Somalie. Dans les pays où le Pentostam® est disponible en pharmacie, la plupart des patients ne peuvent se payer que quelques jours de traitement (la durée recommandée est d'un mois). Ainsi, non seulement, ils n'ont aucune chance de guérir, mais risquent en plus de développer des résistances au médicament.

Le prix élevé du médicament encourage par ailleurs la fabrication de contrefaçons. Les ampoules vides de Pentostam® se vendent à un prix élevé sur le marché soudanais... Cela suggère que la fabrication de faux représente une activité lucrative florissante.

Un autre problème aggrave l'accès des malades au traitement : le fabricant de Pentostam® ne peut garantir des quantités suffisantes de médicaments pour assurer sa disponibilité pour tous les patients. La raison de cette pénurie paraît claire : les sociétés pharmaceutiques ne considèrent pas le traitement contre le kala-azar comme une source de profit.
Des traitements à base de plantes
Les patients se tournent parfois vers les médecines traditionnelles. Au Soudan, la Green Medicine Society a annoncé en 1998 qu'elle pouvait produire un mélange à base de plantes permettant de traiter tous les patients soudanais pour un prix cinq fois inférieur à celui du Pentostam®. Outre l'efficacité douteuse de ce médicament, son prix représente encore plus d'un mois de salaire pour la plupart des Soudanais.