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Accès aux médicaments - Avancées

La campagne de Médecins Sans Frontières a eu pour principal effet de sensibiliser les différents acteurs aux difficultés d'accès aux médicaments essentiels. Les sociétés pharmaceutiques, les décideurs politiques et les médias ont commencé à prêter une réelle attention à cette question. Des résultats très concrets ont par ailleurs été obtenus.
» 1998: REPRISE DE LA PRODUCTION DU CHLORAMPHÉNICOL HUILEUX
La méningite épidémique fait chaque année des milliers de victimes en Afrique. Le chloramphénicol huileux est un médicament bon marché, efficace, sûr et facile à utiliser pour traiter les patients. En 1991, MSF avait publié les résultats d'une étude démontrant à la fois l'efficacité et l'innocuité de ce traitement. Le fabricant a cependant abandonné la production de ce médicament en 1995, faute de rentabilité. Sous la pression conjointe de MSF et de la Croix-Rouge, le fabricant a finalement accepté de transférer la technologie de production à une entreprise pharmaceutique sans but lucratif (International Dispensary Association). La production du médicament a pu reprendre en 1998.
»  NOVEMBRE 1999: DE NOUVEAUX STOCKS D'EFLORNITHINE POUR LE TRAITEMENT DE LA MALADIE DU SOMMEIL
Le fabricant d'eflornithine - un médicament très efficace contre la maladie du sommeil - en a arrêté la production en 1995 pour cause, là aussi, de non rentabilité. MSF et l'OMS ont alors entamé un long processus de négociations avec le laboratoire. A la fin 99, celui-ci a accepté d'utiliser ses dernières réserves de matière première pour produire 10 000 flacons du médicament et d'en transférer la licence à l'OMS. L'OMS et MSF continuent à chercher un fabricant prêt à assurer la production à long terme de ce médicament.
» 2000: UN TRAITEMENT MEILLEUR MARCHÉ CONTRE LA TUBERCULOSE MULTIRÉSISTANTE
En septembre 1999, MSF attirait l'attention de l'opinion publique sur le problème de plus en plus préoccupant de la tuberculose multirésistante et du prix très élevé de son traitement. Aujourd'hui, MSF travaille en collaboration avec des partenaires internationaux, comme l'OMS, afin que les médicaments soient moins chers, que des politiques de traitement efficaces soient adoptées et qu'une réserve de médicaments soit constituée. Après négociations, MSF et ses partenaires ont obtenu des sociétés pharmaceutiques qu'elles baissent de cinq fois le prix initial de leurs médicaments pour qu'ils soient utilisés par les organisations impliquées dans la prise en charge des malades.
» AVRIL 2000: TRAITEMENT DE LA MÉNINGITE ASSOCIÉE AU SIDA EN AFRIQUE DU SUD
Pour rester en vie, les personnes souffrant de cette maladie opportuniste du Sida (une méningite fongique) doivent prendre quotidiennement du fluconazole pour le restant de leurs jours. C'est la société Pfizer qui détient le brevet du fluconazole. Le prix très élevé de ce médicament le met hors de portée de la plupart des patients.

Pourtant, des médicaments génériques de bonne qualité existent. En Thaïlande par exemple, le fluconazole est vendu 0,60 $US par jour. Au Cambodge et au Guatemala, MSF a introduit le médicament générique, et le traitement y est désormais possible. Toutefois, dans beaucoup d'autres pays, des obstacles juridiques empêchent l'importation du fluconazole sous sa forme générique : en Afrique du Sud, Pfizer demande 17 dollars $US par jour pour le médicament de marque, alors que le salaire moyen quotidien s'élève à peine à 7 $US.

MSF a soutenu Treatment Action Campaign (TAC), une association de militants sud-africaine, dans son combat à l'encontre de Pfizer afin que celui-ci réduise le prix du fluconazole ou autorise la production du médicament par des entreprises locales. En avril 2000, Pfizer a réagi en promettant de donner du fluconazole aux patients sud-africains qui ne pouvaient pas se le payer. Bien que cette annonce marque un pas dans la bonne direction, elle ne constitue pas une solution à long terme ni un réel succès. Alors que des négociations approfondies se poursuivent entre Pfizer et le gouvernement sud-africain, il apparaît de plus, clairement, que de nombreuses restrictions limitent cette donation, tant en termes d'utilisation que de patients bénéficiaires.
» 1999-2000 : LES LICENCES OBLIGATOIRES
La campagne de MSF a contribué à encourager les gouvernements des pays en développement à recourir aux licences obligatoires. En mars 1999, MSF organisait une première réunion sur les licences obligatoires, au cours de laquelle 120 délégués de 30 pays ont été informés des moyens légaux (des licences obligatoires notamment) permettant d'améliorer l'accès aux médicaments.

Des actions coordonnées mises en oeuvre dans plusieurs pays ont par ailleurs provoqué un réel revirement dans la politique américaine. Jusque récemment, les Etats-Unis exerçaient de très fortes pressions sur les gouvernements sur le point de délivrer des licences obligatoires. Mais en janvier 2000, le gouvernement américain a signifié au gouvernement thaïlandais qu'il soutiendrait l'utilisation par la Thaïlande des licences obligatoires pour les médicaments contre le Sida. Il a également fini par cesser ses pressions commerciales sur l'Afrique du Sud, elle aussi désireuse de produire localement des médicaments génériques anti-Sida.

On peut espérer qu'à l'avenir, les pays en voie de développement hésiteront moins à recourir à ce type de mécanismes.