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Anesthésiste

Anesthésites - parcours

Laurent Sabard, infirmier anesthésiste de formation, est devenu, au fil des missions, coordinateur d’équipe. Retour sur son parcours professionnel.

Un premier départ longuement mûri
Partir en mission, cela me tentait depuis l’obtention de mon diplôme d’infirmier. J’étais allé à des réunions d’information mais sans jamais oser franchir le pas. Dix ans plus tard, après un voyage au Cambodge, chez une amie IADE (infirmier anesthésiste diplômé d’Etat) travaillant pour le compte de la coopération française, j’ai eu envie de vivre une situation d’expatriation.
Ce voyage m’a permis de réaliser qu’il était finalement simple de partir et qu’il ne fallait pas trop se poser de questions mais surtout savoir pourquoi on partait.
Il m’a alors semblé évident que c’était le moment opportun d’essayer ( célibataire, pas d’emprunt, un emploi assuré au retour…) et surtout pour ne pas vivre plus tard avec des regrets et des « si j’avais su » !
J’ai donc écrit et passé un entretien avec MSF en expliquant que je me sentais prêt pour partir en mission, que l’endroit m’importait peu mais que je ne savais pas si cela allait me plaire. Je partais uniquement avec l’envie d’essayer.

Mon parcours en France

1988 : Diplôme d’infirmier
1989/1990 : emploi comme infirmier de bloc opératoire à l’hôpital de Thonon les Bains
1990/1991 : intérimaire à Paris (Premières participations à des réunions d’information pour travailler dans une ONG)
1991 : emploi au CHRU de Tours en bloc pédiatrique puis en réanimation chirurgicale dans le but de faire la formation d’IADE.
1992/1994 : Formation d’IADE
1994 : diplôme d’infirmier anesthesiste
1994/1999 : Travail à plein temps comme IADE au CHG d’Annecy.

Apprendre à s’adapter
En tant qu’infirmier anesthésiste, j’ai dû acquérir une plus grande adaptabilité, par rapport au contexte de la mission, au contexte de travail, au matériel, à la gestion du stock… Attention, il ne faut pas minimiser la qualité de l’anesthésie en mission humanitaire. Le fait quelle soit faite quelquefois par un infirmier, que les moyens et les techniques soient moins élaborés que dans les pays du nord n’impliquent pas une prise de risque et une qualité moindre de l’acte d’anesthésie. MSF accorde des moyens suffisants pour travailler avec des standards d’anesthésie acceptables assurant une sécurité et une qualité dans notre pratique professionnelle. Il est de la responsabilité de chacun de respecter ces principes.
Quant au rôle de coordinateur, il entraîne d’autres responsabilités : on n’est plus seulement responsable de ses actes mais aussi de ceux de son équipe. Dans un contexte de guerre, les conséquences peuvent être importantes. Ensuite, pour que le programme se passe bien, que le travail se fasse bien, il faut que l’équipe soit… bien ! Le rôle du coordinateur est essentiel pour assurer la cohésion et la bonne humeur !
L’encadrement d’un programme implique aussi de savoir négocier avec les autorités locales, civiles et militaires, donc de savoir expliquer notre travail d’humanitaires, et d’obtenir l’espace de travail dont nous avons besoin. Enfin, il faut s’intéresser à la mission dans sa globalité, s’intéresser au contexte d’intervention et aux enjeux politiques pour mieux évaluer la situation, y compris en termes de sécurité des équipes.

Profil de poste type d’un infirmier anesthésiste

- Assurer l’anesthésie
     - Evaluation pré opératoire
     - anesthésie
     - réveil

- En collaboration avec le chirurgien, assurer :
     - la réanimation des patients aux urgences
     - le suivi post opératoire
     - l’organisation du bloc
     - la programmation des interventions
     - le recueil des données d’activité

- Et aussi :
     - Encadrer le personnel national au bloc et dans les services
     - Mettre en place des protocoles MSF
        (douleur, antibiothérapie, hygiène, stérilisation…)
     - Gérer le stock de matériel et de médicaments spécifiques
        à l’anesthésie
     - Bien profiter des moments sans travail car nous sommes
        généralement de garde 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.

Les « plus »
En mission, on suit les patients de leur arrivée à l’hôpital jusqu’à leur départ. Ce n’est plus le cas en France : les infirmiers sont employés pour faire de l’anesthésie uniquement. Travailler dans de tels programmes permet aussi une plus grande reconnaissance de notre pratique d’infirmier anesthésiste.
J’ai également apprécié la possibilité de pouvoir évoluer vers des prises de responsabilité plus importantes : aujourd’hui j’occupe des postes de coordination, et cela a été possible grâce à la confiance que MSF accorde aux volontaires qu’elle recrute !

Les « moins »
Comme infirmier anesthésiste :
- Faire la première anesthésie seul
- Devoir gérer une prise en charge globale des patients (pré, per et post-opératoire)
- Trier les patients lors d’une arrivée massive de blessés

Comme coordinateur :
- gérer une équipe d’expatriés
- être sûr d’avoir toujours les bonnes informations concernant la sécurité
- être toujours disponible

Mon parcours avec MSF

1999 : Entretien de recrutement avec MSF en mai : départ pour le Burundi 5 semaines après Depuis 1999, un total de 7 missions, 3 comme infirmier anesthésiste et 4 sur des postes de coordination.

La mission la plus courte : 4 semaines
La mission la plus longue : 9 mois.

Juillet 1999/ Janvier 2000 : Mission au Burundi comme infirmier anesthésiste
Mai 2000/ Juin 2000 : Mission d’Urgences en Erythrée comme infirmier anesthésiste
Août 2000/Septembre 2000 : Mission au Burundi comme infirmier anesthésiste
Mars 2001/Septembre 2001 : Mission au Sri Lanka comme responsable de terrain
Octobre 2002/ Mai 2003 : Mission en République Démocratique du Congo comme chef de mission
Septembre 2003 / Juin 2004 : Mission en Côte d’Ivoire comme responsable de terrain
Decembre 2004/Janvier 2005 : Mission en Haïti comme consultant en anesthésie