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Un cri d'alarme pour sauver le peuple dinka de la famine au Soudan

1988 - "Les cadavres sont dans la boue, en plein milieu. Tout le monde les enjambe et feint de ne pas les voir. Un peu de pluie, une distribution générale de sorgho, insuffisante pour 25 000 personnes... Une semaine de 400 morts et ça ne se voit même pas sur cette masse décharnée..." [.../...]

"On était venu à Meiram pour s'occuper de 400 enfants qui étaient complètement dénutris.

Et on s'est retrouvé avec 5 000 personnes, des adultes, des enfants. Il a fallu prendre une décision terrifiante : cibler, par rapport à la nourriture qui nous restait, 2 000 personnes que l'on pourrait faire survivre. On a essayé de donner le minimum vital à ceux qui, d'après nous, pouvaient s'en sortir, survivre... Le soir, je retournais les voir, pour leur donner de l'eau, à manger, juste pour... je ne sais pas... pour un peu de dignité, un peu d'affection. Et puis le matin je les enterrais. C'est tout."


Michel Clerc, logisticien de Médecins Sans Frontières, raconte l'effroyable famine qui s'est abattue sur la région du Sud Kordofan, au Soudan. Dans un pays en guerre contre la junte islamique de Khartoum.