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ActualitéRétrospective

 


Nos actions en 2002

Mis en ligne le 16 décembre 2002
Rétrospective de nos activités en 2002 à travers 8 pays et 8 contextes d'intervention
» Congo Brazzaville - Souffrances psychiques
Au Congo, la guerre civile de 1998 à 2000 a été marquée par la pratique très répandue des viols. Malgré le retour à une paix relative, ces crimes n'ont pas cessé pour autant. 46 % d'entre eux ont été perpétrés par des militaires, dans 50 % des cas à l'encontre de jeunes filles mineures.

Depuis deux ans, Médecins Sans Frontières travaille à l'hôpital de Makélékélé où les victimes peuvent bénéficier d'un suivi médical (soins, prévention des grossesses, des maladies sexuellement transmissibles et des infections VIH) et d'un soutien psychologique pour les aider à surmonter leur traumatisme.

Près de 290 femmes ont déjà été prises en charge par nos équipes (médecins, psychologues, psychiatre, assistantes sociales et juridiques).
 
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"Au Congo, le viol est une arme de guerre et d'oppression"
Grégoire, psychiatre au Congo.
 
» Tchétchénie - Exode
En Ingouchie, les forces russes, maintenant épaulées par le nouveau gouvernement, voudraient démanteler les camps de tentes, vitrines de l'absence de normalisation en Tchétchénie, et renvoyer les déplacés chez eux avant l'hiver. Ces derniers se contentaient depuis trois ans de ces abris troués, étouffants en été, trempés et glacés par moins 20 °C en hiver, comme ils se contentaient d'une latrine pour 800 personnes et des distributions erratiques de vivres. Nous avions remplacé des tentes, creusé des latrines, installé des douches, fourni des chauffages... Pour les Tchétchènes réfugiés en Ingouchie, la situation demeure plus qu'incertaine. L'insécurité monte chaque jour d'un cran pour les civils, y compris pour les humanitaires, comme le montre l'enlèvement d'Arjan, notre chef de mission au Daghestan dont nous sommes sans nouvelles depuis le 12 août dernier. Dans ce climat de terreur, la présence de témoins extérieurs devient de plus en plus embarrassante
 
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"Nous sommes des réfugiés, nous n'avons plus rien à nous"
S, réfugié tchétchène.
 
» Arménie - Enfants en situation difficile
L'Arménie est confrontée à des problèmes économiques tels que certains parents n'arrivent plus à protéger et à éduquer leurs enfants. Depuis 1997, nous travaillons à Erevan, dans l'institution de Verdashen, où environ 100 enfants sont suivis par des médecins, des éducateurs, des psychologues. Par ailleurs, des travailleurs sociaux vont à la rencontre des enfants des rues (travailleurs, mendiants ou vagabonds). Un lieu d'accueil permet de les recevoir avec leur famille, il leur est proposé une aide sociale, psychologique, juridique et médicale. Fin 2001, 220 enfants se sont ainsi vus offrir une alternative à la rue. Environ 3 % de notre budget annuel est consacré à ce type de programmes.
 
"Ses mots d'enfant se fondent à ses larmes : elle ne veut plus être l'objet de la violence"
A propos de Nariné, 9 ans, arménienne
 
» Cambodge - sida
Depuis juillet 2001, Nous soignons des malades du sida au Cambodge. Outre l'introduction prioritaire des ARV auprès des malades les plus menacés, nous avons également mis en place une consultation pour les personnes séropositives. 5.800 consultations ont ainsi été effectuées au premier semestre 2002, près de 110 patients sont hospitalisés en moyenne chaque mois, et, fin octobre, 273 personnes, adultes et enfants, bénéficiaient des trithérapies. En nous appuyant sur ces expériences, nous démontrons aux autorités médicales, aux bailleurs de fonds et agences internationales qu'il est possible de soigner ces malades, même dans des conditions précaires.
 
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"Je pensais que j'allais mourir, mais avec ce traitement je recommence à vivre"
S. Cambodgienne, malade du sida.
 
» Colombie - Accès aux soins
En Colombie, l'échec du processus de paix engagé entre le gouvernement et la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie a aggravé le climat de violence qui règne dans ce pays et dont les civils sont les premières victimes. Les enlèvements, meurtres, intimidations, attaques entraînant des déplacements de populations se jouent sur fond de crise économique, de déliquescence des systèmes d'éducation et de santé. Après une période où il a fallu, dans un climat dangereux, faire accepter notre présence aux différents acteurs locaux (militaires, guérilleros, paramilitaires, prêtres, personnels des hôpitaux, membres d'associations), notre équipe mobile, composée de volontaires et de personnel colombien, se rend sur les lieux où sont regroupés des civils affectés ou déplacés par une attaque, pour soigner les malades et venir en aide aux plus pauvres.
 
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"Ici, la première cause de mortalité est la violence"
Catherine, chef de mission en Colombie.
 
» Angola - Nourrir
Angola, printemps 2002. Nos équipes, présentes à l'hôpital de Kaala, voient arriver des personnes de tous âges, au bord de la mort. Remontant le parcours de ces agonisants après la trêve, nous découvrons une crise nutritionnelle d'une gravité exceptionnelle. A Bunjei, puis dans de nombreux autres lieux de regroupement de populations, nos équipes prennent en charge les urgences et des vivres sont distribuées aux familles. A Kaala, il faut monter en urgence d'autres centres nutritionnels intensifs. Au total, en 5 mois, nos équipes ont soigné plus de 50 000 enfants malnutris. Aujourd'hui, les besoins restent immenses et des centaines de milliers de personnes sont toujours totalement dépendantes de l'aide alimentaire, encore insuffisante.
 
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"Je suis choqué par l'état épouvantable de dénutrition des enfants et d'une partie des adultes"
Paul, médecin en Angola.
 
» Malawi - Epidémies
Mars 2002 : une épidémie de choléra touche plus de 10.000 personnes au Malawi. Nos équipes, présentes dans le pays, doivent immédiatement y faire face. La priorité est de soigner les malades notamment en les réhydratant (le choléra provoque en effet une déshydratation rapide de l'organisme pouvant entraîner la mort). Afin de prévenir l'apparition de nouveaux cas, du matériel sanitaire a été fourni à plus de 50 structures de santé pour purifier l'eau (avec du chlore) et des latrines construites afin d'éviter la contamination par les eaux souillées, mode de transmission du vibrion cholérique. Il a également fallu sensibiliser la population et le personnel soignant aux mesures de prévention (isolation des cas, traitement des eaux usées).
 
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"Les gens meurent, il faut faire très vite pour enrayer l'épidémie"
Marie-Jo, infirmière.
 
» Madagascar - Catastrophe naturelle
En mai dernier, le cyclone Kesiny frappe la région de Tamatave, à Madagascar. Médecins Sans Frontières concentre son action sur cinq zones, à l'ouest de la ville, en aidant les centres de santé existants et le personnel médical à faire face aux besoins. La destruction des récoltes locales provoque une dégradation des ressources alimentaires et une augmentation de la malnutrition chez les enfants. Si deux de ces centres de santé sont accessibles par la route, pour atteindre les trois autres il faut entre 2 et 9 heures de marche, que les équipes effectuent régulièrement pour surveiller l'évolution de la situation. 300 enfants malnutris sont identifiés dès la première semaine. Médecins Sans Frontières ouvre deux centres de nutrition supplémentaire et organise une prise en charge des cas "sévères".
 
Photographies :
Tchétchénie : © E. Bouvet
Colombie : © Mike Goldwater/Network
Angola : © J.B. Russell - Framework
Malawi : © Roger Job
Autres : © MSF