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Nos actions en 2001

Mis en ligne le 1er décembre 2001
Rétrospective de nos activités en 2001
» Janvier - tremblements de terre en Inde et au Salvador
Au Salvador, où plus de 75% du pays est ravagé par deux séismes à un mois d'intervalle, tout repose sur l'aide humanitaire. 90 volontaires concentrent leurs efforts dans les zones les plus touchées : soins, chirurgie, vaccination, soutien psychologique, mais également installation de latrines, de douches, de systèmes d'approvisionnement en eau pour éviter la propagation des épidémies.

En Inde, le 26 janvier, jour de fête nationale, les villes de Bhuj, d'Anjar et de Bhachau disparaissent sous un nuage de poussière.

Devant l'ampleur des besoins, nos équipes distribuent en urgence des tentes, des bâches plastiques pour les abris et des couvertures pour plus de 100.000 personnes soit environ 20.000 familles réparties dans plus de 70 villages. Ils réhabilitent également le réseau d'eau potable et fournissent de l'eau aux villages grâce à 360 camions citernes.
 
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La terre a tremblé, la ville s'est couchée
Une tragique succession de tremblements de terre touche le Salvador et l'Inde en ce début d'année.
 
» Février - les réfugiés afghans indésirables en Iran
Près de deux millions d'Afghans ont cherché refuge en Iran. Face à un gouvernement iranien pressé de renvoyer ces indésirables, le Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR) a lancé en 2000 un programme conjoint de rapatriement, auquel nous nous sommes associés pour le volet médical. Mais des milliers d'Afghans continuent à fuir, vers l'Iran, la violence et l'oppression dans leur pays.

La détérioration des conditions de vie en Afghanistan et les piètres conditions sanitaires des rapatriements nous ont conduits à interrompre notre participation à ce projet et à faire valoir, publiquement, un droit de fuite et d'asile qui est refusé à ces réfugiés. Nous poursuivons cependant nos activités médicales auprès de cette population clandestine qui vit dans une extrême précarité en Iran.
 
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La fuite
Exemples de trajets effectués par certaines familles d'Afghanistan vers l'Iran
 
» Mars - l'espoir pour les malades du sida
Le 5 mars 2001 s'ouvre à Prétoria, en Afrique du sud, un procès intenté par 39 firmes pharmaceutiques contre le gouvernement sud-africain, coupable de violer les droits de la propriété intellectuelle pour permettre l'utilisation de médicaments génériques contre le Sida. Un mauvais procès que les compagnies abandonnent en avril 2001, ouvrant enfin une brèche dans l'apartheid sanitaire que nous dénoncions. Les malades trop pauvres pour être soignés vont retrouver un peu d'espoir.

Au Malawi, au Cambodge, en Thaïlande, au Guatemala, au Kenya, en Ouganda, mais aussi en Afrique du sud et au Cameroun, MSF introduit les anti-rétroviraux, médicaments qui prolongent la vie des malades. Au Malawi, à l'hôpital de Chiradzulu, 70% des lits sont occupés par des patients atteints par le virus du Sida. En l'absence de tri-thérapies, ils sont condamnés à mourir. Dans un premier temps, 500 personnes bénéficieront du traitement. Déjà les premiers patients mis sous traitement revivent : ils peuvent recommencer à travailler, et retrouvent une place dans le cercle familial... Une goutte d'eau face au désastre, mais un exemple qui, nous l'espérons, motivera de nouveaux acteurs pour s'engager dans cette lutte contre l'épidémie.
 
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Procès de Prétoria
250.000 personnes ont signé notre pétition pour demander le retrait de la plainte des 39 compagnies pharmaceutiques contre l'Afrique du Sud
 
» Avril - Burundi, le paludisme, comme une traînée de poudre
Dans la foulée de la guerre, se déclare au Burundi la plus importante épidémie de paludisme jamais rencontrée par nos équipes. Les volontaires dépistent et traitent les patients dans 13 centres de santé des provinces les plus affectées, Kayanza et Ngozi, au nord du pays et montent des cliniques mobiles pour soigner les populations isolées. Alors que la "malaria" est le premier problème de santé publique en Afrique, où il est responsable de 900.000 décès par an, nous nous battons pour offrir aux malades des médicaments plus efficaces que la Chloroquine : les dérivés d'Artémisinine.

Dans le sillage du paludisme, une importante dégradation de la situation nutritionnelle des populations a nécessité l'ouverture d'un centre nutritionnel thérapeutique à Ngozi. Au total, 1800 enfants sévèrement malnutris seront pris en charge dans ce centre, de mars à juillet 2001. Enfin, après de violents affrontements dans la capitale, en mars 2001, nous avons installé 2 centres de santé provisoires pour apporter des soins aux habitants des quartiers les plus touchés.
 
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Faire face à l'épidémie
En 6 mois, 700 000 personnes ont été soignées par les équipes MSF dans les deux provinces les plus affectées par l'épidémie de paludisme.
 
» Mai - Liberia, déplacés dans le Lofa
En mai 2001, fuyant de violents combats dans le Nord du pays, près de 15.000 Liberiens ont dû marcher plusieurs jours à travers la forêt pour gagner les villes de Gbarnga et Jenne Manna. Dans cette guerre dont personne ne veut entendre parler, nos équipes ont installé, en urgence des structures d'accueil, des services de soins et vacciné les enfants pour prévenir une épidémie de rougeole.

Depuis, plusieurs milliers de personnes supplémentaires sont arrivés dans ces camps de fortune. L'avancée des combats vers le sud, à quelques kilomètres de Jenne Manna, rend cette opération de secours difficile. En août, novembre et en décembre 2001, l'équipe sera contrainte d'évacuer le camp de Jenne Manna, à cause de la détérioration des conditions de sécurité, abandonnant à leur sort près de 8000 personnes déplacées.
 
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Camp de Jenne Manna
MSF a affrété 30 tonnes de secours médical et logistique pour prendre en charge les personnes déplacées et disposer des moyens nécessaires en cas de nouveaux mouvements de population.
 
» Juin - lutter contre la "tibbi" en plein désert en Éthiopie
La nouvelle s'est colportée de bouche à oreille : des étrangers sont venus les aider à se soigner d'une maladie qui ravage les populations du désert. C'est la "tibbi", nom donné par les Afars à la tuberculose pulmonaire, première maladie infectieuse de cette région de l'est éthiopien.

Convaindre des nomades de rester 6 à 8 mois dans un centre de traitement installé au milieu du désert était un pari audacieux. Audacieux, mais réussi, après deux ans d'efforts. En juin 2001, plus de 100 malades sont soignés dans le centre MSF de lutte contre la tuberculose. Ils sont 250 en fin d'année et chaque semaine, 10 nouvaux patients débutent leur traitement.
La première tente accueille les malades contagieux, la seconde ceux qui ne le sont plus après plusieurs semaines de traitement, la troisième les malades en phase ambulatoire qui viennent chercher tous les 15 jours leurs médicaments.
 
Témoignage
"Galaha ressemble désormais à un petit village avec, autour du centre, une quarantaine de toukouls qui accueillent les familles nomades le temps de leur traitement. Plus qu'une parenthèse, Galaha est devenu un véritable point d'ancrage"

Milton, médecin à Galaha
 
» Juillet - en Ingouchie, le sordide exil des Tchétchènes
Le 2 juillet à l'aube, une "opération de nettoyage" s'abat sur la ville de Sernovosk et ses camps de déplacés, à un jet de pierre de la frontière ingouche. Arrestations massives, tortures, disparitions, viols... Malgré un silence que masquent mal quelques commentaires indignés, la terreur est toujours de mise en Tchétchénie. 150.000 Tchétchènes ont trouvé refuge dans la petite république voisine d'Ingouchie.

Suite à l'enlèvement, en janvier, de l'un de nos volontaires (libéré le 4 février), nous avons dû suspendre nos activités en Tchétchénie mais nous continuons à effectuer des donations de médicaments. En Ingouchie, nous avons aménagé 3 dispensaires spécialisés et assistons 2 maternités. Nos logisticiens apportent du matériel et réhabilitent des bâtiments (réaménagement de l'habitat, lutte contre le froid et l'insécurité, distribution de réchauds, de couvertures, de draps et matelas, de kits d'hygiène, etc.) pour offrir à 25.000 personnes un toit digne de ce nom.

Résignés, les réfugiés tchétchènes s'apprêtent à passer, dans l'oubli de tous, leur troisième hiver, loin de chez eux.
 
Témoignage
"L'un a 15 ans, l'autre 18. Pendant une semaine, ils ont été battus chaque jour par trois hommes masqués. L'aîné toujours en premier, chacun témoin des hurlements de l'autre. Le cadet est prostré. Sa mère et sa tante le touchent sans cesse, massant ses cheveux comme pour vérifier qu'il est bien vivant, montrant, sous le tee-shirt ou sur les poignets, les hématomes et les brûlures."

Julie, volontaire MSF
 
» Aout / Septembre - la faim au Niger
Depuis trois ans, au Niger, la sécheresse appauvrit les récoltes. Fin juillet, nous ouvrons deux centres thérapeutiques à Maradi et Dakoro où de nombreux enfants arrivent dans un état nutritionnel alarmant. Un autre centre sera construit dans l'hôpital de Maradi. Fin août, 520 enfants étaient pris en charge dans nos centres nutritionnels. Pour faire face à de nouveaux cas, il a fallu agrandir en installant des tentes. Début novembre 2001, ils seront près de 3000 enfants dans les 3 centres nutritionnels thérapeutiques de Dakoro et Maradi.

Le 1er septembre 2001, un avion cargo spécialement affrété par l'association, chargé de 40 tonnes de matériel, de médicaments et de nourriture spécialisée s'est envolé de la base logistique de Mérignac. Dans ce pays, en début d'année, nos équipes avaient déjà dû répondre à deux épidémies de rougeole et de méningite, en vaccinant 700.000 personnes.
» Octobre - Afghanistan, plus isolés que jamais
Le 7 octobre dans la nuit, commencent sur Kaboul les premières frappes américano-britanniques. Depuis presque un mois déjà, 70 volontaires de MSF se sont vus intimer l'ordre de quitter le pays par les autorités taleban, "leur sécurité n'étant plus assurée". Grâce aux employés locaux, les programmes de soutien aux hôpitaux, cliniques et centres nutritionnels se poursuivent dans les régions de Kaboul, Ghazni, Hérat, Kandahar et Mazar-i-Sharif. Il faut faire vite, passer des convois de vivres et de médicaments avant que l'hiver ne complique encore l'accès aux régions et personnes isolées.

Dans les pays voisins (Iran, Pakistan, etc.) comme dans les zones tenues par l'Alliance du Nord, les programmes d'assistance aux réfugiés se poursuivent, tandis que nos équipes déploient persévérance et ingéniosité afin de reprendre au plus vite le travail auprès d'une population plus vulnérable que jamais. Les équipes MSF expatriées reviennent en Afghanistan dès le 13 novembre 2001. A partir de cette date, elles sont à nouveau présentes dans les villes de Kaboul, Hérat, Taloqan, Mazar-i-Sharif et Kunduz.
 
Témoignage
"Argo vient d'un petit village. Chez elle, il n'y a plus grand chose à manger; elle souffrait de malnutrition chronique quand la rougeole l'a atteinte dix jours plus tôt. Amenée au centre de nutrition, son état est désespéré. Le bracelet que je lui passe pour mesurer son périmètre brachial indique la zone rouge. Sa malnutrition sévère nécessite qu'on la réalimente d'urgence pour la sauver."
Jean-Paul, médecin MSF à Maradi
 
» Nov / déc - France, protéger les malades ou les expulser ?
Quelle solidarité, quels droits sociaux voulons- nous voir s'exercer, demain, en Europe ? Alors que nos pays se mettent à l'heure européenne, c'est la question que nous posons en lançant l'action "Ideme", Intervention pour les Droits des Etrangers Malades en Europe.

En France, entre 1997 et 2000, 1500 personnes étrangères malades ont été régularisées chaque année. Quel pays d'Europe peut prétendre ne pas pouvoir offrir un statut à 1500 malades par an, alors que leur vie en dépend ?

Pourtant, au moment où les Etats de l'Union européenne sont réunis pour débattre d'une politique d'immigration commune, des personnes étrangères gravement malades vivent encore, dans la plupart des pays d'Europe, sous la menace d'une expulsion et de l'arrêt des soins. L'action "Ideme" vise à faire valoir pour ces patients un droit européen au séjour et à une protection contre l'expulsion du fait de leur pathologie.
 
Témoignage
"Rome, 2001. Une jeune Philippine confectionne avec soin une corde pour s'enfuir de l'hôpital où elle craint d'être dénoncée au bureau des étrangers. Elle fait une chute mortelle."
Dr Noëlle Lasne, responsable de la mission Solidarité France