ActualitéThaïlande
Des trithérapies pour soigner les malades du sida
Mis en ligne le 18 octobre 2004
MSF travaille depuis fin 1996 dans la province de Surin, à l'est de la Thailande. A l'origine, il s'agissait de développer des soins à domicile pour des personnes séropositives ou ayant développé la maladie. En décembre 2000, MSF décide d'introduire les antirétroviraux en trithérapie chez les patients soignés à domicile avant d'élargir ce traitement aux malades hospitalisés à Surin. Ce programme commence en avril 2001. Quelques mois plus tard, l'équipe de Surin fait une série de constats.
» Une meilleure prise en charge des malades
"Avant les trithérapies, nous soignions des patients qui allaient mourir. Avec les trithérapies, même un patient présentant un stade avancé de la maladie a une chance de s'en sortir. Aujourd'hui, le personnel thaï de l'hôpital a retrouvé une motivation supplémentaire pour s'engager dans ce programme. Sur l'ensemble des patients à qui nous avons proposé ce traitement, seuls deux, pour le moment, ont refusé. Tous les patients sous trithérapies viennent régulièrement aux visites de suivi pour les consultations et recevoir leurs médicaments. La majorité d'entre eux a vu son état de santé s'améliorer: leur taux de CD4 a remonté, ils ont pris du poids et ressentent moins de fatigue. Certains ont même recommencé à travailler. C'est un changement majeur pour des personnes qui souvent s'étaient endettées pour se soigner."
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Surin, Thaïlande, février 2004
Avec les trithérapies, même un patient pris en charge à un stade avancé de la maladie a une chance de s'en sortir.
© Stefan Pleger |
» Une grande attention portÉe au suivi des malades et À l'adhÉsion aux traitements
"Parmi les 90 patients sous traitement, 6 sont décédés, 4 sont perdus de vue et 4 ne se sont pas rendus à leur dernière visite de suivi. Sans consultation, ils ne peuvent pas prendre leur traitement. Il s'agit souvent de malades ayant eu des effets secondaires ou ayant développé des infections opportunistes. Nous leur rendons alors visite à domicile et, en fonction de leur état de santé, nous tentons de les convaincre de revenir régulièrement à l'hôpital ou de se faire suivre à l'hôpital de district. Sur l'ensemble des patients, le problème d'adhésion au traitement reste cependant minoritaire.
Cette question est en revanche plus délicate pour les enfants, car la prise des médicaments est plus complexe. La prescription est faite en millilitres, en cuillère ou en comprimés ce qui peut entraîner une certaine confusion. La mesure des solutions en millilitres doit se faire à l'aide d'une seringue qu'il faut apprendre à manier."
Cette question est en revanche plus délicate pour les enfants, car la prise des médicaments est plus complexe. La prescription est faite en millilitres, en cuillère ou en comprimés ce qui peut entraîner une certaine confusion. La mesure des solutions en millilitres doit se faire à l'aide d'une seringue qu'il faut apprendre à manier."
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La santé avant les brevets
2001, c'est aussi l'année de la conférence de Doha, où l'Organisation mondiale du commerce (OMC) reconnaît la priorité de la santé publique sur les intérêts commerciaux des brevets.
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» Rendre l'expÉrience de MSF reproductible
"La Thaïlande a introduit le système des 30 Baths : avec 30 Baths (le salaire moyen en Thaïlande est de 5000 Baths), tout malade peut, en théorie, se faire soigner quel que soit son problème de santé. Cette somme recouvre la consultation, les médicaments et éventuellement l'hospitalisation. Mais les antirétroviraux ne sont pas encore inclus dans ces 30 Baths. A Surin, sans prise en charge du coût des antirétroviraux par MSF, ceux-ci resteraient à la charge des malades et donc inaccessibles. Malgré l'existence de génériques en Thaïlande, le prix d'une thérapie reste supérieur au salaire moyen. Il reste donc encore beaucoup de chemin à faire avant que l'ensemble des personnes atteintes par le virus puissent en bénéficier."
>> En savoir plus sur nos programmes sida
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CAMPAGNE D'ACCÈS AUX MÉDICAMENTS ESSENTIELS
14 millions de personnes meurent chaque année d'une maladie infectieuse ou parasitaire, faute du traitement qui aurait pu les sauver. Ainsi, certaines maladies, comme le paludisme, la maladie du sommeil, la leishmaniose, la maladie de Chagas ou encore la tuberculose sont dites "oubliées" ou "négligées" : il n'existe pas de traitement adapté, ou bien le prix des traitements existants est prohibitif pour la plupart des malades des pays en développement, ou pour les personnes exclues des systèmes économiques des pays développés. La recherche de nouveaux médicaments efficaces pour soigner ces populations est parfois considérée comme non rentable et abandonnée depuis de nombreuses années.
Pour MSF, il n'est pas tolérable qu'autant de personnes soient abandonnées à leur sort et n'aient pas accès aux traitements qui pourraient les guérir. C'est pourquoi, en 1999, l'association s'est engagée dans la Campagne d'accès aux médicaments essentiels (CAME). D'importants succès ont été remportés depuis, pour le traitement du paludisme, ou, par exemple, pour rendre plus accessibles les anti-rétroviraux aux malades touchés par le VIH/sida.
14 millions de personnes meurent chaque année d'une maladie infectieuse ou parasitaire, faute du traitement qui aurait pu les sauver. Ainsi, certaines maladies, comme le paludisme, la maladie du sommeil, la leishmaniose, la maladie de Chagas ou encore la tuberculose sont dites "oubliées" ou "négligées" : il n'existe pas de traitement adapté, ou bien le prix des traitements existants est prohibitif pour la plupart des malades des pays en développement, ou pour les personnes exclues des systèmes économiques des pays développés. La recherche de nouveaux médicaments efficaces pour soigner ces populations est parfois considérée comme non rentable et abandonnée depuis de nombreuses années.
Pour MSF, il n'est pas tolérable qu'autant de personnes soient abandonnées à leur sort et n'aient pas accès aux traitements qui pourraient les guérir. C'est pourquoi, en 1999, l'association s'est engagée dans la Campagne d'accès aux médicaments essentiels (CAME). D'importants succès ont été remportés depuis, pour le traitement du paludisme, ou, par exemple, pour rendre plus accessibles les anti-rétroviraux aux malades touchés par le VIH/sida.




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