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Soudan / Darfour


LES PROJETS DE MSF AU DARFOUR
» Darfour Occidental
L'accès aux soins médicaux et d'urgence constitue un problème permanent pour les populations face à la violence continuelle qui règne au Darfour Occidental. MSF dispose à El Geneina d'une base fournissant une assistance médicale et technique aux projets destinés au Darfour Occidental. En décembre 2006, des combats au nord de la ville ont entraîné le déplacement de plusieurs milliers de personnes, dont 5000 se sont rendues dans les camps voisins d'Aradamata et de Dorti. Dans le camp d'Aradamata, à la périphérie de la ville, MSF a mise en place une unité médicale mobile pour filtrer les nouveaux arrivants. Plus de 500 personnes y ont été soignées en moins d'une semaine.

À Habilah, camp situé près de la frontière tchadienne comptant 7 000 résidents et hébergeant plus de 22 000 personnes déplacées, MSF dirige un centre sanitaire avec 25 lits. Ce centre fournit des consultations médicales, des soins spécialisés pour les femmes, ainsi que des soins pour la tuberculose et la malnutrition. Entre janvier et septembre 2006, 350 bébés ont vu le jour à la clinique, et 24 000 consultations ont été dispensées. En mai 2007, MSF a mis en place un service de soins psychiatriques.

MSF a commencé à travailler à Foro Boranga, à la frontière du Tchad, en août 2007, le nombre de personnes fuyant la violence dans ce pays ayant atteint le chiffre de 16 000. Ces réfugiés vivent dans la précarité, avec un accès limité aux soins et très peu d'eau potable. Enfin, la situation est également très précaire sur le plan de la malnutrition. Deux équipes de MSF ont ouvert des cliniques mobiles dispensant une assistance nutritionnelle, des consultations générales et des vaccins. Les personnes gravement malades sont dirigées vers l'hôpital de Seleia ou de Foro Boranga. Des logisticiens accompagnent les équipes médicales pour distribuer des moustiquaires et de l'eau potable.

Seleia, au nord de la province du Darfour Occidental, est le siège de combats incessants. MSF dirige un hôpital en ville où sont dispensés des soins de santé génésique ainsi que des soins médicaux et psychiatriques pour les victimes de violence sexuelle. Des opérations chirurgicales y sont également effectuées.

Dans la zone montagneuse du Jebel Mara, contrôlée par les rebelles, les actes de violence contre les ONG, une absence générale de sécurité, mais également des blocages administratifs, empêchent de fournir une assistance médicale pourtant bien nécessaire. Dans bien des endroits où MSF intervient, il n'existe pas d'autre service médical. Autrement dit, c'est son personnel qui doit soigner des milliers de personnes.

MSF intervient (consultations externes, hospitalisations et lutte contre la malnutrition) à Niertiti, au pied du Jebel Mara, où la population compte 3 000 résidents et 30 000 personnes déplacées. En moyenne, 4500 consultations et 200 hospitalisations ont lieu chaque mois. Les déplacements restant difficiles, MSF se rend à Thur, près de Niertiti, deux fois par semaine. L'équipe voit approximativement 200 patients par jour.

MSF travaille également à Kutrum, zone contrôlée par les rebelles. Le personnel de MSF assure environ 1 430 consultations par mois, et réfère les urgences vers l'hôpital de Zalingei. Pour le personnel de MSF, il est difficile de se déplacer dans cette zone isolée, car elle est très dangereuse, et des autorisations sont obligatoires pour tout déplacement. De ce fait, MSF n'est pas en mesure de répondre à tous les besoins identifiés et doit parfois évacuer temporairement le terrain.

À Zalingei, où vivent 100 000 personnes déplacées, l'hôpital fonctionne aujourd'hui normalement. Des médecins du Ministère de la santé sont présents dans tous les services, et MSF a progressivement réduit son activité afin de ce concentrer sur trois services : les urgences, la pédiatrie et la chirurgie. Si d'autres acteurs reprennent progressivement la responsabilité de l'assistance médicale, l'afflux de familles déplacées à Zalingei se poursuit. Les besoins concernant l'aide alimentaire, l'hygiène et des produits essentiels tels que le savon ou des bâches en plastique restent considérables.

Depuis 2003-2004, MSF était la seule organisation intervenant à Mornay, camp hébergeant approximativement 68 000 personnes déplacées. Début 2007, MSF a remis son projet au gouvernement, et d'autres organisations se chargent désormais des soins de santé ainsi que de la distribution alimentaire et d'eau potable.

» Nord Darfour
Dans la ville de Kebkabiya, à un peu plus de 150 kilomètres à l'ouest de la capitale provinciale d'El Fasher, MSF dirige trois dispensaires et apporte son soutien à l'hôpital du Ministère de la santé. MSF intervient auprès de 75 000 personnes, dont la plupart ont été déplacées au début du conflit en 2003 et on trouvé refuge dans la ville. La malnutrition est en hausse dans la région : les habitants n'étant pas encore en mesure de cultiver ou de récolter en raison de l'insécurité, ils restent largement dépendants de l'aide d'urgence pour leur survie. Outre la santé, la violence reste un problème important, notamment la violence sexuelle contre les femmes et les adolescentes.

En juin 2007, MSF a pu relancer le projet à Kaguro, suspendu en août 2006 à la suite d'un incident, dans le Jebel Si contrôlé par les rebelles. Les équipes de MSF dispensent des soins médicaux à environ 37 000 personnes coupées de toute assistance depuis 2003, lorsque toute la zone a été attaquée et la plupart des villages, brûlés. De nombreux habitants ont été tués et une grande partie de la population a dû s'enfuir dans les montagnes entourant Kaguro. En coopération avec le personnel national, une équipe internationale dispense des soins sanitaires de base à une population très vulnérable et isolée, qui souffre encore de la violence liée aux affrontements entre les différentes factions armées. Référer les patients nécessitant une intervention chirurgicale (tels que les blessés de guerre et les femmes devant subir une césarienne) est très difficile, car ils craignent pour leur vie lors du passage de la ligne de front pour rejoindre des centres sanitaires plus importants. Au cours des prochains mois, MSF espère ouvrir à Kaguro quelques postes de santé dirigés par des travailleurs sanitaires communautaires (CHW, community health workers) supervisés par une infirmière de MSF. Les soins médicaux seront ainsi plus accessibles, évitant à certaines personnes quelque cinq heures de marche pour rejoindre le centre sanitaire principal à Kaguro.

Des incidents graves ont contraint MSF à évacuer son équipe internationale de Serif Umra en juillet 2006. Pendant plus d'un an, le dispensaire – seul centre médical pour une population de 55 000 personnes dont un grand nombre ont été déplacées – a été dirigé par le personnel soudanais. Une équipe internationale a été en mesure de retourner à Serif Umra en juillet 2007. Le dispensaire assure près de 7000 consultations ambulatoires par mois. Quant aux patients nécessitant des soins médicaux secondaires, ils sont dirigés vers l'hôpital de Zalingei ou d'El Geneina.

À Shangil Tobaya, MSF dispense des soins aux 28 000 personnes déplacées des camps de Shangil et de Shadat, ainsi que dans le village de Shangil Tobaya. MSF dirige des services d'hospitalisation et de consultations externes, ainsi qu'un programme nutritionnel, et assure des soins de santé aux femmes et une prise en charge des victimes de violence sexuelle.

En août 2007, MSF a commencé à travailler à Tawila, où près de 35 000 personnes déplacées se sont rassemblées dans trois camps. Elles n'ont eu accès à aucun service médical depuis avril 2007, lorsque les trois organisations caritatives opérant dans la région ont dû la quitter à cause de l'insécurité. MSF a mis en place des cliniques mobiles dans ces trois camps, avec un programme alimentaire et des soins de santé en direction des mères et des enfants. Enfin, un petit service d'hospitalisation a été mis en place dans la ville de Tawila. Cependant, la situation reste très instable sur le plan de la sécurité dans toute cette zone. L'équipe de MSF a été victime de plusieurs incidents et a dû être évacuée provisoirement à la mi-septembre. Elle retournera sur place dès que les conditions de sécurité le permettront.

À l'été 2007, MSF a fermé ses cliniques de Killin et Gorni, dans le Jebel Mara. Cette partie du Jebel Mara est stable depuis plusieurs mois, et il y existe un certain nombre d'autres établissements de santé. En conséquence, MSF a décidé de réaffecter ses ressources à d'autres parties du Nord Darfour, où les besoins sont plus importants.

» Sud Darfour
Avec une population de plus de 90 000 personnes, Kalma est l'un des plus grands camps de personnes déplacées du Darfour. MSF y dirige un service ambulatoire et dispense 2 800 consultations par mois. MSF se concentre également sur les soins aux mères et aux enfants dans un centre sanitaire réservé aux femmes assurant jusqu'à 200 consultations par jour. Ce centre dispense des soins pré- et post-nataux, ainsi qu'une aide à la délivrance pour les grossesses à haut risque et une prise en charge des urgences obstétriques. Enfin, il offre également un service de planning familial.

MSF fait partie des trois organisations qui assurent une prise en charge complète des victimes de violence sexuelle. Un programme de soins psychiatriques est en place pour soulager le profond stress psychosocial et le traumatisme lié aux conditions de vie précaires actuelles, ainsi que le traumatisme psychologique lié au conflit. Des soins psychosociaux sont dispensés sous la forme de plusieurs centaines de consultations particulières par mois, d'ateliers et de groupes de soutien. Ce projet est complété par des activités communautaires de proximité. L'équipe de MSF répond également aux premiers besoins des nouveaux arrivants et de ceux dont l'abri a été détruit par des incendies en leur fournissant des bâches en plastique, des couvertures et des jerricans.

Située dans une zone contrôlée par les rebelles, Muhajariya est une grande ville du Sud Darfour, où MSF dispense des soins médicaux à environ 70 000 personnes. Les services développés par MSF incluent la chirurgie, les hospitalisations et les consultations externes, un laboratoire, ainsi que les soins de santé aux femmes (consultation prénatale, post-natale et planning familial). Les victimes de violence sexuelle y sont également prises en charge. La situation nutritionnelle restant fragile, les aliments thérapeutiques et complémentaires restent intégrés aux programmes de soins de santé de base. Les équipes de MSF fournissent également de l'eau aux personnes déplacées des campements autour de Muhajariya, où des programmes de proximité sont également en cours. En octobre 2007, MSF a dû évacuer son équipe internationale de Muhajariya à la suite d'une attaque intensive de la ville. Les équipes retourneront sur place dès que les conditions de sécurité le permettront.

L'équipe de MSF à Feina mène un programme de soins prénataux et de prise en charge nutritionnelle à domicile. Environ 130 personnes viennent consulter chaque jour. Le programme nutritionnel compte en moyenne 60 nouvelles admissions par mois. MSF a mis en place quelques cliniques itinérantes dans la région (Dulda, Logi et Leiba). Cela permet de rapprocher les services de ces populations disséminées sur 10 000 km² et de mieux connaître les besoins sanitaires.

Au camp de Kass, entre Zalingei et Nyala, 75 000 personnes déplacées s'entassent dans les écoles et les bâtiments publics de la ville, ainsi que dans les champs alentour. 25 000 autres sont arrivées depuis janvier, rendant encore plus difficiles des conditions de vie déjà très précaires. Les quelques organisations médicales présentes sont débordées. MSF compte s'implanter au camp de Kass pour répondre aux besoins de cette population affaiblie et aux nouvelles urgences.