» JOURNÉE CHIRURGIE 2007 - Programme et présentations
Pratique chirurgicale en milieux précaires MSF organise le 8 décembre 2007 sa 7ème journée chirurgicale dans ses locaux à Paris, 8 rue Saint-Sabin,...
ActivitésLa chirurgie
Si 60% des programmes de Médecins Sans Frontières sont situés dans des pays en guerre, il ne faut pas oublier les 40% restant qui ont lieu dans des pays où il n'y a aucun conflit ouvert. L'urgence chirurgicale existe en dehors des guerres. Pourquoi une mère enceinte n'aurait-elle pas le droit à une césarienne? Pourquoi doit-elle, sous prétexte qu'elle n'a pas d'argent, payer de sa vie pour accoucher ? Pourquoi un jeune homme devrait-il rester handicapé à vie simplement parce qu'il s'est cassé le bras ?
Sinan est chirurgien. Après de nombreuses missions à l'étranger pour MSF, il travaille aujourd'hui à Paris. Il nous explique pourquoi il faut se méfier des a priori sur la chirurgie dans les pays pauvres. Car les raccourcis sont, hélas, faciles. Ainsi, on assimile bien souvent la chirurgie de guerre aux soins aux combattants. C'est oublier un peu vite que l'immense majorité des victimes nécessitant une intervention chirurgicale sont des personnes civiles, des populations prises entre deux feux. Une mission chirurgicale répond aux mêmes objectifs que toute mission MSF: sauver des vies, éviter l'invalidité à vie, soulager la souffrance.
Un programme chirurgical est un programme de soins comme les autres, avec les même objectifs
"La décision d'ouvrir un programme chirurgical repose sur les mêmes critères que ceux conduisant à l'ouverture d'un programme contre le paludisme, le sida ou la tuberculose. Il s'agit avant tout d'évaluer et d'analyser les besoins. Pour un programme chirurgical, il y a un certain nombre de pré-requis incompressibles à prendre en compte : présence d'un hôpital, de l'électricité, de personnel hospitalier qualifié, de l'eau. Le ravitaillement doit également être assuré. La question de la sécurité au sein même de l'hôpital est aussi importante : il faut que les patients puissent y parvenir. Le travail chirurgical ne se résume donc pas à l'envoi d'un chirurgien, d'un infirmier de bloc et d'un anesthésiste."
Chirurgie de guerre : soigner les blessés, quels qu'ils soient
"Dans 60% des cas, MSF travaille dans des situations de guerre, avec tout ce que ces situations violentes entraînent : réfugiés, déplacés, mais aussi des épidémies de choléra, de rougeole et des blessés de guerre. Tout cela alors que le système de santé, souvent déjà précaire, est partiellement ou totalement détruit.
Un blessé qui entre dans mon service est un être humain qui a besoin d'assistance. En tant que chirurgien, je le soigne. La majorité des personnes que nous opérons sont des civils, des populations prises entre deux feux. Pourtant, on entend parfois, comme pour le Liberia en 2003, que nous soignons les combattants pour qu'ils retournent se battre. C'est une aberration. Mais cela est dû en grande partie au traitement que font les médias de ces situations de guerre, et par extension à l'intérêt manifesté par les spectateurs, les lecteurs... Voir de jeunes combattants affublés de perruques et agitant leurs armes en dansant sur des ponts est bien plus vendeur qu'un sujet qui traiterait des populations civiles, de la façon dont elles survivent... Par exemple, à propos du Libéria, qui s'est intéressé en 2003 aux dizaines de milliers de réfugiés qui vivaient entassées dans le stade Samuel Doe à Monrovia? A ne voir que les combattants en images, à ne lire que les récits de leurs faits guerriers, on donne aux téléspectateurs l'impression que le pays n'est peuplé que de fighters... le raccourci est vite fait, mais il est extrêmement dangereux."
Le droit aux soins
"40% des programmes de MSF sont situés dans des pays où il n'y a pas de conflit ouvert. Dans des pays où les gouvernements, encouragés par la Banque Mondiale, prônent et pratiquent le recouvrement des coûts (c'est-à-dire la médecine payante), seuls les plus riches, c'est à dire une portion infinitésimale de la population, peut se faire soigner et accéder à la chirurgie.
Pourquoi une mère enceinte n'aurait-elle pas le droit à une césarienne, pourquoi, doit-elle sous prétexte qu'elle n'a pas d'argent, payer de sa vie pour accoucher ? Pourquoi dans ces pays, doit-on mourir d'une appendicite, ou d'une simple hernie étranglée ?
En dehors des situation de guerre, il y a des urgences chirurgicales dans lesquelles la vie des patients est en danger. Demander à une jeune femme de payer pour avoir le "luxe" d'une césarienne, un geste de soins destiné à lui sauver la vie, c'est criminel. Il s'agit de non assistance à personne en danger. Cette politique de recouvrement des coûts est une politique folle : les hôpitaux n'arrivent même pas à trouver suffisamment de fonds pour pouvoir fonctionner normalement.
Mais il ne s'agit pas seulement de patients en danger de mort. Pourquoi un jeune homme devrait-il rester handicapé à vie simplement parce qu'il s'est cassé le bras ?
MSF ne peut évidemment pas pallier tous les besoins, mais notre intention est de montrer non seulement qu'il est éthiquement intenable de ne pas soigner les malades en danger de mort, mais aussi qu'il est possible de les soigner."
Sinan est chirurgien. Après de nombreuses missions à l'étranger pour MSF, il travaille aujourd'hui à Paris. Il nous explique pourquoi il faut se méfier des a priori sur la chirurgie dans les pays pauvres. Car les raccourcis sont, hélas, faciles. Ainsi, on assimile bien souvent la chirurgie de guerre aux soins aux combattants. C'est oublier un peu vite que l'immense majorité des victimes nécessitant une intervention chirurgicale sont des personnes civiles, des populations prises entre deux feux. Une mission chirurgicale répond aux mêmes objectifs que toute mission MSF: sauver des vies, éviter l'invalidité à vie, soulager la souffrance.
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Une mission chirurgicale répond aux mêmes objectifs que toute mission MSF: sauver des vies, éviter l'invalidité à vie, soulager la souffrance.
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Un programme chirurgical est un programme de soins comme les autres, avec les même objectifs
"La décision d'ouvrir un programme chirurgical repose sur les mêmes critères que ceux conduisant à l'ouverture d'un programme contre le paludisme, le sida ou la tuberculose. Il s'agit avant tout d'évaluer et d'analyser les besoins. Pour un programme chirurgical, il y a un certain nombre de pré-requis incompressibles à prendre en compte : présence d'un hôpital, de l'électricité, de personnel hospitalier qualifié, de l'eau. Le ravitaillement doit également être assuré. La question de la sécurité au sein même de l'hôpital est aussi importante : il faut que les patients puissent y parvenir. Le travail chirurgical ne se résume donc pas à l'envoi d'un chirurgien, d'un infirmier de bloc et d'un anesthésiste."
Chirurgie de guerre : soigner les blessés, quels qu'ils soient
"Dans 60% des cas, MSF travaille dans des situations de guerre, avec tout ce que ces situations violentes entraînent : réfugiés, déplacés, mais aussi des épidémies de choléra, de rougeole et des blessés de guerre. Tout cela alors que le système de santé, souvent déjà précaire, est partiellement ou totalement détruit.
Un blessé qui entre dans mon service est un être humain qui a besoin d'assistance. En tant que chirurgien, je le soigne. La majorité des personnes que nous opérons sont des civils, des populations prises entre deux feux. Pourtant, on entend parfois, comme pour le Liberia en 2003, que nous soignons les combattants pour qu'ils retournent se battre. C'est une aberration. Mais cela est dû en grande partie au traitement que font les médias de ces situations de guerre, et par extension à l'intérêt manifesté par les spectateurs, les lecteurs... Voir de jeunes combattants affublés de perruques et agitant leurs armes en dansant sur des ponts est bien plus vendeur qu'un sujet qui traiterait des populations civiles, de la façon dont elles survivent... Par exemple, à propos du Libéria, qui s'est intéressé en 2003 aux dizaines de milliers de réfugiés qui vivaient entassées dans le stade Samuel Doe à Monrovia? A ne voir que les combattants en images, à ne lire que les récits de leurs faits guerriers, on donne aux téléspectateurs l'impression que le pays n'est peuplé que de fighters... le raccourci est vite fait, mais il est extrêmement dangereux."
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40% des programmes de MSF sont situés dans des pays où il n'y a pas de conflit ouvert.
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Le droit aux soins
"40% des programmes de MSF sont situés dans des pays où il n'y a pas de conflit ouvert. Dans des pays où les gouvernements, encouragés par la Banque Mondiale, prônent et pratiquent le recouvrement des coûts (c'est-à-dire la médecine payante), seuls les plus riches, c'est à dire une portion infinitésimale de la population, peut se faire soigner et accéder à la chirurgie.
Pourquoi une mère enceinte n'aurait-elle pas le droit à une césarienne, pourquoi, doit-elle sous prétexte qu'elle n'a pas d'argent, payer de sa vie pour accoucher ? Pourquoi dans ces pays, doit-on mourir d'une appendicite, ou d'une simple hernie étranglée ?
En dehors des situation de guerre, il y a des urgences chirurgicales dans lesquelles la vie des patients est en danger. Demander à une jeune femme de payer pour avoir le "luxe" d'une césarienne, un geste de soins destiné à lui sauver la vie, c'est criminel. Il s'agit de non assistance à personne en danger. Cette politique de recouvrement des coûts est une politique folle : les hôpitaux n'arrivent même pas à trouver suffisamment de fonds pour pouvoir fonctionner normalement.
Mais il ne s'agit pas seulement de patients en danger de mort. Pourquoi un jeune homme devrait-il rester handicapé à vie simplement parce qu'il s'est cassé le bras ?
MSF ne peut évidemment pas pallier tous les besoins, mais notre intention est de montrer non seulement qu'il est éthiquement intenable de ne pas soigner les malades en danger de mort, mais aussi qu'il est possible de les soigner."
Photos
© Karsten Bidstrup, Sierra Leone, 2002 / © Roger Job, Sierra Leone, 1995
© Karsten Bidstrup, Sierra Leone, 2002 / © Roger Job, Sierra Leone, 1995
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